Balbutiements d’une amitié

J’ai lu ce roman, que j’ai chipé de la bibliothèque de ma belle-fille j’en confesse, en 48 heures. D’abord attirée par la superbe couverture épurée, je désirais lire cette nouvelle histoire de Marie-Christine Chartier depuis sa sortie en librairie. Un roman choral qui goûte le bonbon sans tomber sur le cœur, qui nous replonge dans ce moment de notre vie qu’est le passage à l’âge adulte.

On fait la rencontre de Jake Surrey, jeune acteur très populaire qui a connu une descente aux enfers remarquable. Tout le monde a son avis sur la débâcle de ce jeune prodige, dont le frère aîné vient de mourir dramatiquement. Il a aussi Émilie, cégépienne aux grandes ambitions, qui porte son lot de douleurs et d’abandons – certes moins spectaculaires que celles de Jake, en apparence du moins. Le chemin de ces deux personnages se croise, et on assiste à la naissance de cette amitié improbable et on souhaite qu’ils grandissent, traversent leurs maux, pansent leurs blessures. Les mots de Chartier sont doux, il est facile de se laisser porter par cette histoire. À lire par une journée froide d’hiver, avec un café et un doudou.

Le sommeil des loutres, Marie-Christine Chartier (Hurtubise)

#relationscompliquées

Voici un roman contemporain – mon style préféré, parce que j’aime beaucoup m’identifier aux personnages quand je lis – où on surfe dans la peau d’un personnage à l’autre. L’histoire met en scène principalement deux protagonistes, soit Magalie et Guillaume, dont leur destin se croise grâce à leurs parents sont amoureux. Parcours cahoteux, infidélité, séparation; les différences facettes des relations amoureuses et familiales sont abordées. Et tout au cours de la lecture, on cherche le lien qui unit les personnages à la disparition d’Annabelle Juneau.

Le rythme de l’histoire, les brides de lettres et de courriels des personnages, la narration : tout est là pour en faire un véritable page-turner. L’écriture de Bismuth est efficace, empreint d’humour, et les personnages, malgré leurs maladresses et leurs défauts, sont attachants. Un livre qu’on lit comme on regarde une comédie romantique, la romance kitsch en moins et des dénouements inattendus en plus (et surtout, n’attendez pas une fin du style « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants »!).

Un lien familial de Nadine Bismuth (Boréal)

Histoire d’un justicier

L’histoire, en bref (parce qu’on veut savoir à quoi on a affaire!) : À la suite du décès de leur enfant, il est devenu inévitable pour Antoine et Elizabeth de se séparer. La douleur envahissante ne laissait plus de place à leur amour, encore bien présent. Un soir où Antoine boit un verre au bar de son ami François, il se retrouve pris au cœur d’une fusillade et joue les héros en sauvant le plus gros caïd de Montréal. Pour le remercier, Sir Chuck (le dit caïd) offre le cadeau de cinq morts pour rembourser sa dette. Oui, cinq morts! (J’aurais clairement préféré une liasse de dollars dans une enveloppe!)

Antoine n’a rien d’une âme sanguinaire, évidemment. Et d’avoir cinq morts sur la conscience… non merci. Mais ce n’est pas comme si Sir Chuck lui laisse vraiment le choix. Frustré (mais genre vraiment frustré intense tout le temps!) par les injustices du monde, Antoine voit donc cette offre comme l’opportunité de faire le ménage.

Le début un peu lent de ce roman met en place le contexte, et les personnages, auxquels on s’attache. Parce qu’Antoine a tout de notre beau-frère, notre ami, notre collègue de travail. C’est dans la deuxième partie du livre que l’histoire devient haletante, qu’on a hâte de savoir comment tout ça va se terminer, parce qu’évidemment, flirter avec le crime organisée amène son lot d’imprévus… Une enquête policière en parallèle, bien sûr, parce qu’on veut comprendre le lien entre ces meurtres qui surviennent dans la ville.

Dis-moi qui doit mourir de Marc-André Chabot (Libre expression)