Plus qu’une copie

Fait par un autre est ouvrage difficile à qualifier. Un roman à saveur véridique saupoudré de réflexions de l’auteur? Peu importe, cet ouvrage curieux en est un agréable à lire, il amène plein de questions, fait réfléchir aussi sur la notion de ce qui est faux, de l’éthique aussi. Tout ça en glissant le lecteur au cœur de l’histoire de Réal Lessard, peintre québécois faussaire, et de sa relation avec Fernand Legros, marchand d’arts qui a fini par se retrouver derrière les barreaux.

L’auteur raconte le passé des deux acolytes, tout en faisant part de sa vision de l’affaire, nous amenant à réfléchir sur la ligne entre la réalité et la fiction. Ça se lit comme un roman, avec ses courts chapitres qui défilent sur la vie de fascinante de Lessard.

« On dit que l’important, dans la vie, ce n’est pas ce qui arrive, mais ce qu’on pense qui est arrivé. »

Fait par un autre, Simon Roy, éditions Boréal

Chargé à bloc en début d’année!

Un livre qui tombe à point à ce moment de l’année où on a souvent moins d’énergie, plus envie de faire des siestes…!

Dans ce touffu ouvrage, Hubert Cormier (@hub_nutrition) propose des options, explique une foule de faits en lien avec l’alimentation ET les aliments qu’on ingère, offre des recettes appétissantes, des tableaux comparatifs, etc.

Ce livre est hyper pertinent pour quiconque qui s’intéresse à ce qu’il met dans son estomac, déboulonne les mythes et surtout, me confirme que je peux continuer à boire du café! (Et le café, c’est la vie!)

Tu souhaites savoir quels sont les meilleurs choix quand tu t’arrêtes dans un fastfood? Tu te demandes ce que représente une portion de 5g de fibre? Tu t’enfarges dans les termes scientifiques? Ce livre te plaira : il est facile à consulter, le ton n’est pas moralisateur et contient même des traces d’humour.

À déposer sur la table du salon pour le consulter souvent.

Chargé à bloc, Hubert Cormier, Éditions Cardinal

La disparition des miroirs

Avec sa couverture funky, ce livre m’attirait beaucoup. On est en présence de Robert Laramée, cet artiste has-been reclus dans son appartement qui doit refaire surface dans la vie publique. Après de longs moments de solitude, son gérant insiste pour qu’il sorte un nouvel album.

Dans une ambiance parfois mystérieuse, le lecteur se fait tirer dans des situations inusitées, des rebondissements qu’on ne voit pas venir du tout. Daniel Leblanc-Poirier sait jouer avec les mots et raconter des histoires, il n’y a pas de doute. Et il laisse le lecteur sur une finale surprenante et, à mon avis, un peu nébuleuse. Peut-être que, comme moi, vous serez une peu hébété!

La disparition des miroirs, Daniel Leblanc-Poirier, VLB éditeur

BAN

C’est d’abord le sujet sensible et peu abordé en littérature qui m’a attiré à lire ce premier roman de Laviolette (il s’agit d’un pseudonyme, il est donc difficile de trouver de l’information au sujet de cette autrice). Au début de la lecture, le style de narration m’a un peu déboussolé – on est dans une écriture jouale contemporaine, si je peux le décrire ainsi. On rencontre aussi un mélange de genres; il s’agit bien d’un roman, mais où la poésie s’invite par moment, l’autrice nous amène dans toute sorte de direction.

Elizabeth, le personnage central de ce récit, doit vivre avec une maladie neurodégénérative, le BAN. Cette mère de famille sait bien qu’éventuellement, son corps deviendra une prison et qu’un jour, même son cerveau lui fera faux bond. Elle doit apprivoiser l’idée de cette mort lente et surtout, elle souhaite en prendre le contrôle. Le sujet est lourd, mais abordé avec une touche d’humour. J’ai aussi trouvé le personnage vrai, autant dans ses réactions que ses contradictions.
La lecture de ce roman audacieux ne m’a pas laissé indifférente, ça, c’est certain. L’histoire m’a habitée un moment après l’avoir terminé.

Marie-moi, Peter Pan, Laviolette, XYZ

Vengeance

C’est la première fois que je lisais cet auteur diplômé en littérature, connu entre autres comme journaliste. J’avais hâte de faire la rencontre avec sa plume. Une plume grinçante, par moment humoristique, sur un ton qui rappelle la chronique. Ce roman est rythmé, et nous amène dans des directions surprenantes.

Olivia Vendetta, c’est dans un premier temps l’histoire de jeunesse d’Étienne Vendette, qui se fait malmener et intimider. Sa bande d’amis et lui gardent un souvenir amer de cette adolescence violente. On se promène entre le présent et le passé pour comprendre comment Étienne est devenu Olivia, et comment son désir de vengeance (justice?) est grand.

Un bon divertissement (un peu violent…!) où les références nombreuses plairont aux gens de ma génération!

Olivia Vandetta, Hugo Meunier, Stanké

Petites beautés du monde

Dès les premières lignes du roman, on apprend que la narratrice est une maman qui a laissé un vibrant témoignage à sa fille. Élie craint de mourir à l’accouchement de son enfant et elle décide de lui raconte sa vie parsemée d’embûches, mais où de petites étincelles sont parvenues à lui rappeler la beauté du monde. L’amour de la musique, mais surtout, la rencontre de Léo et de sa mère Lydia changera la vision du monde d’Élie.

On aborde de nombreux sujets tels que les relations familiales, les agressions sexuelles, la pauvreté, la solitude, l’insémination artificielle, l’amitié, etc. (Perso, j’ai trouvé que c’était beaucoup, car certains sujets étaient seulement effleurés.) Ceux qui ont déjà lu Maude Michaud, connue sous le nom de @parfaitemamancinglante, y reconnaîtront sa sensibilité et apprécieront cette histoire remplie d’émotions. ❤️ Un bon roman que je recommande pour les réflexions qu’il apporte et les émotions qu’il procure.

N’oublie pas la beauté du monde, Maude Michaud, Libre Expression

« … j’ai fait une promesse à mon tour. Celle de me battre coûte que coûte et à jamais pour te montrer que le bonheur appartient à tous ceux qui décident de le saisir, peu importe ce que leurs blessures et ce que la vie leur réservent. »

La vie n’est pas une comédie romantique

D’emblée, j’avais très hâte de plonger dans cet essai, car j’ai beaucoup aimé la série Sex and the City et j’ai ce petit plaisir coupable de regarder des comédies romantiques, même si dans la vie, je ne suis pas si romantique dans l’âme. C’est donc en quelques jours que j’ai traversé Mister Big ou la glorification des amours toxiques.

Le propos d’India Desjardins a résonné en moi, étant la première à prôner l’indépendance en amour. Et il vrai que dans plusieurs histoires d’amour, le rapport psychologique entre l’homme et la femme est souvent inégal. L’autrice porte sa réflexion sur la portée de ces images que l’on nous montre depuis longtemps, expose sur les violences psychologiques et physiques, sur les attentes lorsqu’on est en amour.

J’ai aimé ma lecture, car on a vraiment l’impression d’assister à une discussion entre amies. J’avoue que je suis restée légèrement sur ma faim, parce que le sujet m’a plongé dans une réflexion à mon tour sur les relations homme-femme. Bref, je crois surtout que j’aurais aimé poursuivre la discussion plus longtemps!

À mettre sur la table de chevet, car la réflexion est nécessaire.

Femme forte et attachante

Il s’agit en quelque sorte de la suite du roman turbulences du cœur, mais il n’est pas nécessaire de l’avoir lu pour apprécier Les vertiges du cœur. Et je m’en confesse, je ne me rappelais plus tant des détails de Turbulences du cœur que j’avais lu il y a un bon moment déjà!

On entre dans la peau de Catherine, cinquantenaire dynamique qui a fait un retour aux études afin de devenir avocate. Femme ayant une forte personnalité, elle décide de ne pas travailler au cabinet de son jeune mari et plutôt d’accepter une offre dans un cabinet situé en Estrie. Évidemment, cette décision chamboule le quotidien, alors qu’elle passe la majorité de son temps loin de la maison familiale récemment acquise.

L’autrice aborde plusieurs sujets à travers cette histoire, dont la famille, mais surtout, sur la place qu’on s’accorde à soi-même, les choix qu’on fait pour soi. Même si je suis plus jeune que la protagoniste, je me suis sentie proche de Catherine au cours de ma lecture et c’est avec une petite peine que j’ai terminé l’histoire, comme si je devais dire au revoir à une amie.

Les vertiges du cœur, Nathalie Roy, Libre Expression

Rattraper le temps

C’est un roman tendre, que propose Maxime Landry avec Moi aussi, je t’aime. Il s’agit aussi d’une réflexion sur nos priorités, sur le temps qui passe et qui nous échappe, sur les occasions à saisir. Sur l’importance de s’aimer et de s’accepter soi-même aussi.

David Lemieux a une vie professionnelle exaltante à première vue, étant pompier de profession, mais les chaos de sa vie personnelle éteignent complètement sa passion pour son métier. Sans compter qu’une relation amicale/amoureuse ratée il y a vingt ans le hante encore. C’est alors que s’offre à lui la possibilité de se poser ailleurs qu’à Montréal, où la vie lui donne une deuxième chance. Arrivera-t-il à la saisir?

À mettre dans votre pile à lire, pour son côté doux et une fin surprenante à la fois.  

Moi aussi, je t’aime, Maxime Landry, Libre Expression

Amours swipés

Une poésie tout en simplicité et en authenticité, qui nous amène au cœur de la vie amoureuse de Samuel Larochelle. On lit ses mots doucement, on s’imprègne de ses sentiments, on se laisse guider dans ses dédales amoureux en souhaitant qu’il trouve sa douce moitié. La formule poétique de ce récit très personnel (et je souligne l’audace de l’auteur ici) nous permet d’apprécier chacune des phrases, sans nous presser.

Je me suis reconnue à travers sa vulnérabilité, le thème de l’amour étant universel, peu importe son orientation sexuelle. Mais c’est plus qu’un récit sur la recherche de l’autre, c’est aussi une histoire sur l’acceptation de soi, ses désirs, ses peurs et ses besoins à l’ère des réseaux sociaux et des applications de rencontres qui bouleversent notre mode de séduction.

J’ai échappé mon cœur dans ta bouche, Samuel Larochelle, Stanké